Derrida, la cécité et les arts du visible

L’objectif de cet article est de déterminer ce qu’une approche philosophique, celle que Jacques Derrida met en œuvre à propos de la cécité dans ses Mémoires d’aveugle, peut apporter aux études culturelles sur le handicap. À partir de quelques-unes des peintures et des dessins reproduits dans cet ouv...

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Kaydedildi:
Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/alterjdr,
Asıl Yazarlar: Chottin, Marion, Noûs, Camille
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Alter 2024
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:L’objectif de cet article est de déterminer ce qu’une approche philosophique, celle que Jacques Derrida met en œuvre à propos de la cécité dans ses Mémoires d’aveugle, peut apporter aux études culturelles sur le handicap. À partir de quelques-unes des peintures et des dessins reproduits dans cet ouvrage de 1990, la présente étude entend d’abord montrer que, pour Derrida, c’est une manière particulière de considérer le mutisme des œuvres d’art visuel qui conduit à voir ou à imaginer, dans celles qui montrent des aveugles, des représentations de la cécité qui ont en commun de faire d’elle une impuissance. Cet article analyse ensuite comment, pour le philosophe, ces mêmes œuvres peuvent être abordées en vertu d’une seconde manière d’envisager leur mutisme, et ainsi lues comme donnant à penser une cécité tout à fait autre, entendue cette fois comme puissance hautement résistante aux récits qui, dans l’Histoire, ont fait d’elle une impuissance. Il propose pour finir de compléter cette manière de lire les images picturales de la cécité au moyen du “schème du retournement” théorisé par Stiker et du “néo-historicisme” appliqué par Snyder et Mitchell aux représentations artistiques du handicap.