De l’immigration au travail transfrontalier

Partant du constat que les architectes suisses constituaient le contingent étranger le plus important à Strasbourg avant la Seconde Guerre mondiale, cette contribution étudie l’évolution de leur présence en Alsace dans la deuxième moitié du XXe siècle, à l’aune des effets de la réglementation de la...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/alsace,
Hovedforfatter: Abadie, Shahram
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Revue d’Alsace 2026
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Partant du constat que les architectes suisses constituaient le contingent étranger le plus important à Strasbourg avant la Seconde Guerre mondiale, cette contribution étudie l’évolution de leur présence en Alsace dans la deuxième moitié du XXe siècle, à l’aune des effets de la réglementation de la profession par la loi de 1940 puis celle de 1977. Faute de convention de réciprocité entre les deux pays, ces textes soumettaient la pratique des Suisses en France à l’autorisation exceptionnelle du ministère chargé de l’architecture. Les archives de ce dernier ont servi à l’analyse quantitative à l’échelle nationale et à l’étude de parcours individuels au niveau régional. Dans les destinations des 157 praticiens ayant souhaité exercer en Hexagone entre 1942 et 1985, l’Alsace arrive loin derrière la capitale et les régions limitrophes de la Suisse romande, n’en accueillant que sept. La majorité de ces praticiens se voient d’ailleurs retoqués à cause du protectionnisme de l’Ordre des architectes et du ministère des Affaires étrangères. Les seuls qui réussissent s’étaient installés en France dès avant la guerre ou arrivent au début des années 1980 grâce à la nouvelle procédure d’agrément. Ainsi les architectes suisses ont dû adapter leur pratique, demandant moins à s’implanter en Alsace dans une démarche d’immigration, qu’à réaliser des projets dans cette région, souvent en collaboration avec des confrères français, ce qui annonce le travail transfrontalier.