La dissolution du Musée alsacien (20 janvier 1917) d’après le Journal de Charles Spindler

L’artiste et marqueteur Charles Spindler et l’archéologue Robert Forrer se connaissent depuis 1899 et leurs excursions communes au Mur païen du Mont Sainte-Odile. Le 20 janvier 1917, ils sont convoqués pour une séance décisive : celle de la dissolution du Musée alsacien, alors privé, et de son trans...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/alsace,
Autor principal: Gyss, Jean-Marie
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Revue d’Alsace 2022
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:L’artiste et marqueteur Charles Spindler et l’archéologue Robert Forrer se connaissent depuis 1899 et leurs excursions communes au Mur païen du Mont Sainte-Odile. Le 20 janvier 1917, ils sont convoqués pour une séance décisive : celle de la dissolution du Musée alsacien, alors privé, et de son transfert à la Ville de Strasbourg. L’éditeur allemand Lüdtke profite de l’absence des principaux actionnaires, alors réfugiés en Suisse ou à Paris, pour arriver à ses fins. Les objections de Spindler et de Forrer sont inutiles étant donné le rapport de forces. En fait c’est surtout le docteur Pierre Bucher, accusé d’être l’un des chantres de l’influence française en Alsace, qui est visé. Étant à la fois le principal dirigeant du musée et de la Revue alsacienne illustrée, il est l’homme à abattre pour Lüdtke. Ce dernier, après avoir réalisé l’inventaire de ses biens, veut poursuivre son œuvre, probablement pour éviter d’être envoyé au front. Pour le discréditer, il édite une brochure anonyme en Suisse dans laquelle il publie ses lettres privées, ainsi que celles d’amis, avec toujours le même fil conducteur : insister sur la volonté de Bucher de saper l’autorité allemande en Alsace. Le docteur concentre sur lui les deux principales accusations de germanophobie (Deutschfeindlichkeit) et de trahison de la patrie (Landesverräter) qui sont alors rédhibitoires et entraînent un exil intérieur forcé pour tous ceux qui n’ont pas pu (su ?) partir à l’étranger à temps.