Comment Mulhouse, inspirée par Manchester, a construit son modèle industriel et diffusé ses innovations en Europe et dans le monde
Mulhouse est régulièrement présentée comme la « Manchester » française mais en étudiant les cités textiles de l’Europe du XIXe siècle on constate que de nombreuses villes racontent leur histoire en faisant référence à Manchester. Il en est ainsi pour Łódź la « Manchester » de l’Empire russe, Prato l...
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| In: | URI:https://journals.openedition.org/alsace, |
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| Main Author: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
Revue d’Alsace
2022
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| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Mulhouse est régulièrement présentée comme la « Manchester » française mais en étudiant les cités textiles de l’Europe du XIXe siècle on constate que de nombreuses villes racontent leur histoire en faisant référence à Manchester. Il en est ainsi pour Łódź la « Manchester » de l’Empire russe, Prato la « Manchester » toscane, Chemnitz la « Manchester » saxonne, Rouen et Roubaix pour la France, et bien d’autres encore. Toutes ces villes ont en commun d’avoir reproduit au XIXe siècle le modèle industriel remarquable de Manchester qui les devançait de quelques décennies. Nous retrouvons des ensembles de brique rouge plus ou moins monumentaux, associant fréquemment des structures métalliques imposantes ainsi que les sheds et cheminées qui caractérisent les anciennes dynasties de l’industrie textile aujourd’hui réinvesties. Mais le patrimoine industriel a d’autres formes. À Mulhouse, dès 1822 la première école de chimie française a formé des ingénieurs qui rejoignaient ensuite les manufactures textiles européennes. Dans son laboratoire de chimie, on venait apprendre les techniques d’ennoblissement des textiles. Des ingénieurs et techniciens sont venus de Manchester à Mulhouse pour installer les machines achetées outre-Manche, et des Alsaciens se sont formés ou ont exercé à l’étranger. Les « Manchester » européens, Mulhouse en tête, d’abord nourris par leur modèle, ont ainsi tissé un réseau constituant un patrimoine industriel scientifique et technique immatériel dont l’influence reste prégnante dans ces villes et qui demande à être réinterrogé au XXIe siècle. |
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