Au diable, l’honneur !

Dans l’Alsace de l’époque moderne comme dans la Lorraine voisine, l’honneur est la part la plus importante de la réputation d’une personne, et sert de rempart contre des accusations de sorcellerie. Et c’est quand on envoie au diable l’honneur de cette personne qu’elle peut être officiellement accusé...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/alsace,
Hlavní autor: Simon, Maryse
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Revue d’Alsace 2021
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Dans l’Alsace de l’époque moderne comme dans la Lorraine voisine, l’honneur est la part la plus importante de la réputation d’une personne, et sert de rempart contre des accusations de sorcellerie. Et c’est quand on envoie au diable l’honneur de cette personne qu’elle peut être officiellement accusée de sorcellerie. Perdre son honneur revient à se retrouver seul, sans la défense des siens. Dans ce contexte intra-communautaire, la défense de l’honneur est primordiale, et il faut demander réparation devant la loi pour toute appellation calomnieuse ou insulte taxant quelqu’un d’être une sorcière ou un sorcier. Cependant, l’honneur d’une femme diffère grandement de celui d’un homme. Certaines femmes ne sont pas ou plus honorables car elles ont été victimes de la violence masculine ou de leur filiation stigmatisante (enfants de condamnés pour sorcellerie). D’autres mettent à mal l’honneur des élites, des hommes dans leur masculinité; et cette attaque contre l’ordre social établi est à l’image du sabbat fantasmé où les affidés du diable proviennent de tous les milieux, même si chacun doit souvent au final garder son rang. La réhabilitation des accusés de sorcellerie semble être un enjeu de nos jours, pour officiellement leur rendre leur honneur.