Le martyre de saint Georges sur la roue

L’intérêt scientifique pour la sigillographie a été ravivé ces dernières décennies par un nouveau questionnaire, à la croisée de l’histoire culturelle et de l’histoire de l’art, et par le développement de bases de données informatiques. C’est dans ces renouvellements qu’entend s’inscrire l’étude des...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Wydane w:URI:https://journals.openedition.org/alsace,
1. autor: Brunner, Thomas
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: Revue d’Alsace 2019
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:L’intérêt scientifique pour la sigillographie a été ravivé ces dernières décennies par un nouveau questionnaire, à la croisée de l’histoire culturelle et de l’histoire de l’art, et par le développement de bases de données informatiques. C’est dans ces renouvellements qu’entend s’inscrire l’étude des sceaux médiévaux de la ville de Molsheim. La constitution d’un corpus de 90 empreintes a permis de repérer cinq types successifs (deux à l’époque médiévale, trois à l’époque moderne) qui, de matrice en matrice, reprennent la même image d’un homme roué. L’apparition du sceau au milieu du XIIIe siècle s’inscrit dans le contexte régional d’une efflorescence sigillaire parmi les communautés urbaines, notamment celles de taille moyenne comme Molsheim, qui a contribué à leur affirmation politique. Ainsi s’explique sans doute ici la conservation sur la durée de cette image représentant de manière réaliste une scène du martyre de saint Georges. Irrégulier dans la région au Moyen Âge, le culte de ce saint connaissait un ancrage local profond : l’ancienne église romane de Molsheim, dont le tympan figurait la même scène, lui était en effet dédiée. Ce sceau est l’héritier d’une iconographie savante qui s’est diffusée autour du diocèse de Constance au Moyen Âge central. Pour les bourgeois de Molsheim, faire le choix de l’image du martyr et non du saint chevalier revêtait certainement aussi une fonction apotropaïque, les vertus de Georges étant censées protéger la communauté. Celle-ci se reconnaissait tellement bien dans ce symbole sigillaire sans équivalent connu qu’on peut s’interroger sur son caractère ambivalent, renvoyant tout à la fois au saint, et par, la présence de la roue, à un possible jeu de mot étymologique sur Molsheim et mola (moulin). Révélatrice de certains ressorts des identités urbaines médiévales, cette étude de cas en appelle d’autres afin de reconstituer le paysage sigillaire urbain du Rhin supérieur médiéval.