L’Église territoriale dans l’ère de l’État-nation

Ecclésiastiquement, une conséquence notable de l’annexion allemande de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine en 1871 a été la réintroduction d’un aspect important de l’héritage de la Réforme : l’idée de l’Église territoriale (Landeskirche). En effet, la création d’une église territoriale luthérien...

Descrición completa

Gardado en:
Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/alsace,
Autor Principal: Steinhoff, Anthony J.
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Revue d’Alsace 2017
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Ecclésiastiquement, une conséquence notable de l’annexion allemande de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine en 1871 a été la réintroduction d’un aspect important de l’héritage de la Réforme : l’idée de l’Église territoriale (Landeskirche). En effet, la création d’une église territoriale luthérienne d’Alsace-Lorraine suit la réalisation de l’annexion. Les organes du gouvernement luthérien à Strasbourg continuaient à fonctionner, mais désormais ils s’occupèrent seulement des communautés en Alsace-Lorraine. Les lois ecclésiastiques d’origine française restaient aussi en vigueur, pourtant elles sont dorénavant interprétées et appliquées par les autorités allemandes. Dans l’ensemble cette approche convenait aussi bien aux Alsaciens qu’aux Allemands. L’Église luthérienne put maintenir ses traditions. Elle adoptait des réformes germanisantes qu’elle jugeait utiles, comme l’introduction des examens d’État en théologie, tout en rejetant des propositions, comme celle visant à créer une journée de prière et pénitence, qu’elle trouvait incompatible avec les traditions alsaciennes. Pourtant, tout comme la situation politique du Reichsland par rapport à l’Empire demeurait exceptionnelle, l’Église luthérienne d’Alsace-Lorraine restait une Landeskirche quelque peu particulière. Son héritage français notamment préoccupait continuellement les autorités allemandes. Aussi, même après l’installation du gouvernement territorial à Strasbourg en 1879, rares étaient les Alsaciens qui participaient à la gestion des dossiers ecclésiastiques pour l’État. (Anthony J. Steinhoff).