L’Ancienne Douane de Strasbourg

Suite aux lourdes destructions subies par l’Ancienne Douane de Strasbourg pendant la Seconde Guerre mondiale, un projet de reconstruction et de reconversion est élaboré pendant deux décennies (1945-1963). Dès l’origine, apparaît une dissociation entre l’enveloppe et les fonctions, traitées par diffé...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/alsace,
Auteur principal: Rivière, Cécile
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Revue d’Alsace 2016
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Suite aux lourdes destructions subies par l’Ancienne Douane de Strasbourg pendant la Seconde Guerre mondiale, un projet de reconstruction et de reconversion est élaboré pendant deux décennies (1945-1963). Dès l’origine, apparaît une dissociation entre l’enveloppe et les fonctions, traitées par différents acteurs. Le lien formel est assuré par l’architecte Robert Will. L’évolution dans les deux domaines (contenant/contenu) montre la prédominance de deux facteurs communs : l’identité du lieu et le tourisme. Du point de vue des fonctions, le restaurant-brasserie et les salles d’exposition attirent un public local mais aussi touristique. Du point de vue architectural, il s’agit de reconstituer un paysage urbain « historique » servant d’avant-plan à la cathédrale depuis les quais. Ainsi, la façade sur l’Ill et les toitures font l’objet d’une reconstitution intégrale d’un état historique (1780-1819), avec quelques modifications dues aux fonctions et à la structure en béton armé. Vient également s’y adjoindre une terrasse sans antécédent historique, illustration de la politique touristique de la Ville. Jugées peu importantes, les façades sur rue et latérale, non classées, sont extrêmement simplifiées, y perdant leur pittoresque. Enfin, l’architecture des espaces intérieurs est de style moderne, sans lien avec l’histoire ou l’enveloppe du bâtiment. Cette dernière a alors pour seul rôle d’être un objet urbain. Cette conception du patrimoine est proche du façadisme : à elles seules, la façade sur l’Ill et les toitures sont sensées représenter l’identité du bâtiment entier. Ce projet de recréation d’une perspective « historique » peut être apparentée à du pastiche : la stratification historique réelle de l’édifice n’est que très peu lisible.