Retrouver la frontière du Rhin en 1918 : l’entrée des poilus en Alsace et le retour à la France
À l’issue de la Grande Guerre et de la défaite de l’Allemagne le 11 novembre 1918, l’entrée des troupes françaises en Alsace, vague « bleu horizon » qui se répand jusqu’au Rhin, peut apparaître comme des retrouvailles festives marquant la restitution de la province perdue en 1871. Les poilus se prés...
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| الحاوية / القاعدة: | URI:https://journals.openedition.org/alsace, |
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| المؤلف الرئيسي: | |
| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
Revue d’Alsace
2013
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| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | À l’issue de la Grande Guerre et de la défaite de l’Allemagne le 11 novembre 1918, l’entrée des troupes françaises en Alsace, vague « bleu horizon » qui se répand jusqu’au Rhin, peut apparaître comme des retrouvailles festives marquant la restitution de la province perdue en 1871. Les poilus se présentent en libérateurs et l’accueil qui leur est réservé prend valeur de plébiscite spontané pour les Français, d’autant qu’une réelle entente prévaut dans l’organisation de la réception de l’armée française. Mais le retour de la France en Alsace signifie-t-il automatiquement consentement pour une réintégration de l’Alsace à la France ?Un certain malaise se fait rapidement sentir après l’euphorie des retrouvailles, en fait une sorte d’incompréhension mutuelle quand Français et Alsaciens se redécouvrent, différents de 1870. Pour la France victorieuse, la restitution pure et simple de l’Alsace-Lorraine par consentement populaire permet de se conformer au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, cher au président américain Wilson, mais surtout annule l’humiliation de 1871, justifie les sacrifices exigés depuis 1914 et cimente la France républicaine.« Une et indivisible » celle-ci croit s’assurer la garde du Rhin par une politique d’assimilation de l’Alsace, qui se heurte à l’autonomie relative expérimentée sous le régime allemand. En novembre 1918, les Alsaciens se seraient ainsi aveuglement donnés à la France, sans définir la nature du lien réunissant Paris et l’Alsace, dans le contexte euphorique et artificiel de la fin de la guerre. Toutefois, un an après l’entrée triomphale des troupes françaises, ils confirment leur attachement à la France lors des législatives de novembre 1919, sans renoncer cependant à défendre leur particularisme.A feeling of embarrassment became apparent shortly after a first phase of exhilaration, actually a sort of mutual misunderstanding when the French and Alsatians rediscovered each other as being different from what they were before 1870. For victorious France purely and simply recovering France by popular consent meant conforming to the rules of the rights of people to self-determination, a notion that was popular with American president Wilson but above all cancelled the humiliation of the 1871 disaster, offered justification for the sacrifices made since 1914 and consolidated republican France.Insisting that it was “one and indivisible” the French republic was convinced it could claim ownership of the Rhine by a policy of assimilation of Alsace, which, actually, contradicted the form of autonomy granted to some extent by Germany earlier. In November 1918 the Alsatians had supposedly thrown themselves blindly into the arms of the French without defining clearly the type of relationship prevailing between Paris and Alsace in the overjoyed but artificial end of the war atmosphere. Yet one year after the triumphant return of the French troops Alsatians confirmed their strong ties with France in the November 1919 general elections, while reaffirming their profound attachment to the particularisms of Alsace. |
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