Les logiques de la peur : le fantasme de l’invasion en Argentine durant le XXe siècle

C’est dans le contexte de profondes transformations de l’ère du péronisme classique que surgit la figure de l’invasion. L’arrivée de centaines de milliers d’immigrants internes dans les espaces publics de la capitale produisit un véritable bouleversement social. Le qualificatif discriminatoire de ca...

Popoln opis

Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/alhim,
Glavni avtor: Otheguy, Martin Pablo
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Amérique latine histoire et mémoire 2017
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:C’est dans le contexte de profondes transformations de l’ère du péronisme classique que surgit la figure de l’invasion. L’arrivée de centaines de milliers d’immigrants internes dans les espaces publics de la capitale produisit un véritable bouleversement social. Le qualificatif discriminatoire de cabecita negra forgée par l’anti-péronisme montre la conflictualité que supposa l’acculturation de ces migrants avec les classes moyennes illustrées et les élites de la capitale. Mais le « fantasme de l’invasion » ne se circonscrit pas à l’émergence de ce mouvement politique. Ce travail tente de montrer que cette peur collective récurrente dans l’histoire du pays répond à des logiques sociales qui sous-tendent l’édification, la structuration et le rôle de la diversité ethnique dans l’« invention » de la nation. L’étude des phénomènes liés à l’ethnicité en Argentine conduit à porter l’intérêt sur leurs rapports, d’une part, avec la construction de l’État-nation et, d’autre part, avec les processus migratoires internes et externes; nation, ethnicité et immigration constituent un axe majeur qui organise les pratiques et représentations sociales du pays. Or, c’est bien de ce principe générateur qu’émergea au cours du XXe siècle une peur collective qui structure l’espace social argentin.