Les enjeux territoriaux des politiques migratoires et de colonisation intérieure dans le Mexique postcolonial (1823-1880). Les colonies européennes dans l’Etat de Veracruz
L’analyse des politiques migratoires visant à l’installation de colonies rurales de populations européennes élaborées et mises en oeuvre par les autorités mexicaines au XIXème siècle permet une approche de la question du nationalisme qui ne se limite pas seulement aux discours construits – qui ont d...
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| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/alhim, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Pubblicazione: |
Amérique latine histoire et mémoire
2009
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| Soggetti: | |
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | L’analyse des politiques migratoires visant à l’installation de colonies rurales de populations européennes élaborées et mises en oeuvre par les autorités mexicaines au XIXème siècle permet une approche de la question du nationalisme qui ne se limite pas seulement aux discours construits – qui ont d’ailleurs généré ces politiques – mais qui prend en compte aussi les moyens mobilisés pour la construction de la nation désirée, les obstacles rencontrés et les adaptations qui ont été nécessaires. L’un des aspects essentiels du nationalisme mexicain révélé par cette approche est l’importance des enjeux territoriaux présents tant dans la phase d’élaboration des projets de colonisation que dans celle de leur mise en oeuvre. Ces enjeux, que nous pouvons classer en trois groupes, enjeux stratégiques, enjeux économiques et enjeux politiques, sont omniprésents dans la région choisie et qui nous sert de laboratoire : l’Etat de Veracruz. Rien d’arbitraire dans ce choix : cette région fut aussi le laboratoire d’expérimentation de la nation mexicaine désirée par les autorités fédérales comme le montre le fait qu’elle fut à elle seule l’objet d’une cinquantaine de tentatives d’installations de colonies européennes ou mixtes, qui furent souvent des échecs mais aussi, dans un nombre de cas non négligeable, des réussites. Les enjeux stratégiques s’imposent ou sont imposés par les relations internationales : il s’agit de l’isthme de Tehuantepec, objet des convoitises des grandes puissances, et des crises militaires qui rendent nécessaires l’installation de colonies militaires, les anciennes colonies romaines servant de modèles aux libéraux mexicains férus de culture classique. Les enjeux stratégiques ne sont pas non plus sans rapport avec la question de la définition raciale de la nation : les colonies de population blanche doivent aussi assurer la sécurité dans les zones où les indigènes –populations dangereuses aux yeux des élites créoles- se sont rebellés comme ce fut le cas dans la région de Papantla, au Nord de l’Etat de Veracruz, alors que les troupes nord-américaines débarquaient au Mexique. Les enjeux économiques sont liés au libéralisme mexicain dirigé par des physiocrates soucieux d’intensifier les échanges avec le continent européen. Il s’agit donc d’un projet en rupture avec l’époque coloniale puisqu’il ne s’agit plus de contrôler le territoire au moyen d’un maillage urbain mais de prendre possession du monde rural demeuré indigène (et donc aux yeux des libéraux impropre à la productivité et aux échanges imposés par la modernité) et de mettre en valeur la région de Veracruz vue comme le cordon ombilical qui permet les échanges avec l’Europe moderne (non espagnole). Si les enjeux économiques et territoriaux sont essentiels pour comprendre ces politiques et voir comment le nationalisme est lié à la question du racisme, les enjeux politiques sont certainement les plus complexes. A partir des colonies, c’est en effet un modèle de citoyenneté qui est proposé. La mise en oeuvre de la politique de colonisation permet également d’étudier le fonctionnement des dits fédéralisme et centralisme affirmés dans les constitutions, aspect que nous étudions lors de deux périodes : celle de la Réforme et pendant l’Empire de Maximilien. |
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