Les « degrés zéro » de la distribution dans le théâtre de Jérôme Bel
Toute l’œuvre de Jérôme Bel consiste à mettre au jour les signifiants du dispositif théâtral : l’espace, l’écriture chorégraphique, le texte, le corps, la lumière, la musique, le rôle et, bien entendu, le public. Refusant de produire un contenu spectaculaire ou virtuose et prenant ainsi le risque de...
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| Veröffentlicht in: | URI:https://journals.openedition.org/agon, |
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| 1. Verfasser: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
Agôn
2018
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| Schlagworte: | |
| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | Toute l’œuvre de Jérôme Bel consiste à mettre au jour les signifiants du dispositif théâtral : l’espace, l’écriture chorégraphique, le texte, le corps, la lumière, la musique, le rôle et, bien entendu, le public. Refusant de produire un contenu spectaculaire ou virtuose et prenant ainsi le risque de frustrer les attentes et désirs déterminés des spectateurs, son travail peut se dire animé par la recherche d’un « degré zéro de l’écriture » théâtrale, comprise elle-même comme une tension vers un « degré zéro » de la représentation. Bien évidemment, cette cible n’est jamais tout à fait atteinte et les spectacles de Jérôme Bel donnent à voir. Ils donnent à voir les signes culturels, sociaux, politiques qui structurent la représentation chorégraphique et théâtrale. Dans une telle entreprise, quelle place occupe la distribution, ce paramètre qui met en jeu les agents de la représentation et non pas seulement ses objets ? Jérôme Bel joue la distribution a minima de deux manières. Tout d’abord, il s’ingénie à dissocier les paramètres de la distribution, à distribuer un chorégraphe dans Xavier Leroy sans délivrer aucune partition ou, inversement, à proposer une partition dans The show must go on sans chercher à la répartir entre les interprètes. Ensuite à partir de Véronique Doisneau, Jérôme Bel se laisse distribuer. Il réduit ainsi le pouvoir du maître de distribution qu’est le metteur en scène, lequel détermine d’ordinaire à la fois ce qui sera visible et qui le sera. Un tel dessaisissement produit un théâtre documentaire et conduit à reconfigurer le partage de la parole entre metteur en scène et interprètes. Mais il produit encore un passage de l’autre côté du miroir de la représentation en en exhibant quelques envers. Jusqu’à Cour d’honneur toutefois, spectacle qui semble poser la question de la démocratie au théâtre en partant de ses spectateurs, mais qui la dévoie pourtant car Jérôme Bel y est réinvesti en maître de la distribution. |
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