« Connais-tu la région où fleurit le citron ? » ou Valère Novarina, la pratique du dépaysement
Tandis que la dramaturgie de Jean-Luc Lagarce place les personnages dans une situation de retour au Pays lointain, celle de Novarina pratique le dépaysement et se plaît à maintenir les personnages dans un « hors-lieu », refusant de les inscrire dans un espace préalablement circonscrit. L’utopie sera...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/agon, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Agôn
2020
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Tandis que la dramaturgie de Jean-Luc Lagarce place les personnages dans une situation de retour au Pays lointain, celle de Novarina pratique le dépaysement et se plaît à maintenir les personnages dans un « hors-lieu », refusant de les inscrire dans un espace préalablement circonscrit. L’utopie serait ainsi le biais dont userait la poétique novarinienne pour échapper à la clôture de l’espace et du sens. Le dépaysement y est pratiqué à des fins salutaires : il s’agit d’empêcher une plate adhésion à la sphère du connu – le pays, point d’ancrage du moi - en contrecarrant en même temps la tentation humaine de sortir de l’ici, et de céder au rêve de l’Ailleurs. Comment le dépaysement ouvre-t-il le personnage novarinien à un temps et un lieu toujours autres, et le mène-t-il à un « hors de lui » salvateur ? L’utopie novarinienne aurait pour corollaire le temps du devenir, déjà là, mais toujours à venir. Une telle éthique ne peut se développer sans qu’une esthétique du devenir la prenne en charge. À l’image de l’homme errant, correspond le refus iconoclaste du verbe fétichisé et une pratique du dépaysement langagier : la langue, le pays où l’on n’arrive jamais. Mais le lieu scénique peut-il prendre en charge le nomadisme à l’œuvre dans le texte ? Le travail scénographique de Philippe Marioge, par exemple, permet à la scène novarinienne d’être un lieu utopique, clos et ouvert, avec lequel la parole du personnage entre en « débat 1». Le vide, construit, de la scène, délesté du fatras représentatif, laisse liberté d’écrire des scenarii infinis. |
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