Mise en scène, modalités et stratégies du refus dans « Cartilla (poética) » de Blas de Otero

« Cartilla (poética) », poème métapoétique otérien, fait du concept du refus le principe générateur du texte autant d’un point de vue formel que sémantique à partir d’un débat entre deux conceptions de la poésie. Car s’il y a un refus qui, émanant d’une autorité intransigeante, impose, ici, divers c...

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Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/agedor,
Hlavní autor: Gil, Henry
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: L’Âge d’or 2018
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:« Cartilla (poética) », poème métapoétique otérien, fait du concept du refus le principe générateur du texte autant d’un point de vue formel que sémantique à partir d’un débat entre deux conceptions de la poésie. Car s’il y a un refus qui, émanant d’une autorité intransigeante, impose, ici, divers commandements et par conséquent refuse d’autres orientations, il en est un autre, son contraire, qui, lui, est le refus libérateur du refus aliénant. Mais ce dernier pour déjouer la censure doit inventer ses propres modalités et stratégies en pratiquant un art du double sens et en usant d’un verbe allusif-élusif propre au « escribo y callo » otérien. C’est en créant une image filée de type allégorique qui choisit l’univers de la classe comme celui d’un pouvoir officiel qui n’accepte aucun écart et qui confère à la poésie une valeur académique, voire démiurgique, que le locuteur otérien trouve le moyen avec ironie et humour d’introduire une voix dissidente. Ici, d’un point de vue formel, tout fait sens, que ce soit le choix d’un mètre, sa disposition, l’absence d’une rime attendue ou de fortes assonances. Bien que ce poème soit un manifeste en faveur de la poésie sociale, le travail sur la langue et son conceptisme fondé sur l’usage dilogique des mots permettent d’éviter les pièges stylistiques d’un engagement social.