L’apparente absence ou la figurativité du vide
La notion de vide, telle que l’appréhende la pensée extrême‑orientale, est essentielle dans l’art pleinement matiérique et objectuel qu’Antoni Tàpies (Barcelone, 1923‑2012) brandit obstinément dès la moitié des années 1950, dans une Espagne encore peu réceptive aux formes d’expression dites informel...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/agedor, |
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| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Publicado: |
L’Âge d’or
2023
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| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | La notion de vide, telle que l’appréhende la pensée extrême‑orientale, est essentielle dans l’art pleinement matiérique et objectuel qu’Antoni Tàpies (Barcelone, 1923‑2012) brandit obstinément dès la moitié des années 1950, dans une Espagne encore peu réceptive aux formes d’expression dites informelles ou non figuratives. Si l’apparente vacuité révélée par les œuvres opaques et muettes de Tàpies peut être lue comme une forme de négation transgressive – de la mimesis, évidemment, mais au‑delà, de la réalité elle‑même ou, du moins, d’une réalité officielle, perçue comme imposée –, l’évidement des surfaces ne relève pas moins d’une technique compositionnelle inspirée de la tradition picturale chinoise, visant à favoriser chez le regardant un rapport particulier au voir, où l’absence, l’incomplétude, rendent visible. Ainsi, le vide tapiésien – qui n’est pas le rien et, moins encore, le néant – devient‑il un élément dynamique, constitutif de l’œuvre, existant en soi et s’ouvrant à autre chose que lui‑même : il est la matière même de la peinture, comme le silence est celle de la musique. |
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