Figurer le sentir de l’ouïe

Dans les manuscrits enluminés des xiiie et xive siècles, l’influence aristotélicienne sur les diverses figurations de l’ouïe se manifeste classiquement à travers les représentations des instrumentistes, dont les plus nombreux sont les jongleurs, les animaux musiciens et le roi David. Leur inventivit...

詳細記述

保存先:
書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/aes,
第一著者: Clouzot, Martine
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: Arts et Savoirs 2023
主題:
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
その他の書誌記述
要約:Dans les manuscrits enluminés des xiiie et xive siècles, l’influence aristotélicienne sur les diverses figurations de l’ouïe se manifeste classiquement à travers les représentations des instrumentistes, dont les plus nombreux sont les jongleurs, les animaux musiciens et le roi David. Leur inventivité figurative est inédite et émerge à une époque de mutations sociales importantes et de réforme des mœurs imposée par l’Église (le concile de Latran IV en 1215). Dans ce contexte, l’écoute, perçue et figurée, est reconnue comme un agent émotionnel, pédagogique et édificateur, essentiel aux stratégies de communication sociale et affective des maîtres d’université, des prédicateurs, des trouvères et des concepteurs d’images. Héritées de l’antique rhétorique des passions, les figurations de l’écoute se comprennent dans une société fondée sur la religion du Livre et du Verbe. S’adressant aux sens pour viser l’âme, elles participent des réflexions théologiques et anthropologiques du temps sur l’humain – corps et âme -, sur son imago dans l’ordre de la Création. Par leur performativité, figurer l’ouïe participe d’une expérience sensible de l’écoute intérieure qui fait sens dans une société en quête d’idéal de transformation éthique ici-bas et spirituelle au-delà.