Le (néo)normativisme, constructivisme inachevé

Les thèses (néo)normativistes de Kelsen et ses épigones sont ancrées dans la mouvance positiviste de la théorie juridique, mouvance héritière du positivisme philosophique selon lequel la science serait distincte de son objet. Le droit constituerait ainsi un « donné ». Toutefois, les éléments fondame...

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Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/add,
Hlavní autor: Doray, Marc
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Les Annales de droit 2018
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:Les thèses (néo)normativistes de Kelsen et ses épigones sont ancrées dans la mouvance positiviste de la théorie juridique, mouvance héritière du positivisme philosophique selon lequel la science serait distincte de son objet. Le droit constituerait ainsi un « donné ». Toutefois, les éléments fondamentaux de l’édifice (néo)normativiste (catégorie de l’imputation, hiérarchie des normes, validité formelle) donnent à voir un droit non pas « donné », mais « construit » par la science juridique ; ils ne permettent pas en outre de démontrer l’existence même du droit. De fait, l’idée kelsénienne d’une inférence entre les normes, pourtant mise en échec par les présupposés normativistes adoptés (loi de Hume), reste au cœur des construits théoriques néo-normativistes. Aux fondements de cette fragilité, un projet commun : faire du droit un objet scientifique spécifique caractérisé par son unité. Cette dernière opération recèle une interaction profonde entre l’observateur scientifique et son objet, caractéristique d’un constructivisme, certes scientifique. Mais d’un constructivisme qui, trop radical au regard d’un objet complexe, paraît bien inachevé.