L’exploitation de l’énergie nucléaire ou l’archétype de la modernité face au renouveau de la philosophie naturaliste
La philosophie moderne implique que l’Homme domine la Nature à laquelle il n’appartient pas et s’en extirpe à l’aide de la connaissance et de la technique. Ce développement unilatérale de la pensée moderne a été remis en question, aux États-Unis, dès le XIXe siècle, et se heurte, depuis les années 1...
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| Yayımlandı: | URI:https://journals.openedition.org/add, |
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| Yazar: | |
| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
Les Annales de droit
2018
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| Konular: | |
| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | La philosophie moderne implique que l’Homme domine la Nature à laquelle il n’appartient pas et s’en extirpe à l’aide de la connaissance et de la technique. Ce développement unilatérale de la pensée moderne a été remis en question, aux États-Unis, dès le XIXe siècle, et se heurte, depuis les années 1970, à un renouveau de la philosophie naturaliste. Fondée sur la reconnaissance d’une valeur intrinsèque de la Nature et sur la dénonciation de l’utopie techno-scientifique, la philosophie naturaliste remet en cause le paradigme cartésien qui demeure au fondement de la « modernité réflexive » pour laquelle la question centrale n’est plus tant celle de la maîtrise de la Nature que celle de la maîtrise des risques et notamment du risque nucléaire. D’une part, les partisans de la philosophie naturaliste dénoncent les méthodes d’évaluation du risque nucléaire fondées sur une interprétation fréquentielle et sur un bilan « coûts-bénéfices » pour les seules sociétés humaines. Ils proposent au contraire d’ériger la Nature en sujet de droit afin d’établir les obligations que les Hommes ont envers elle. D’autre part, les penseurs naturalistes développent, au regard de « notre impuissance à maîtriser la puissance » technologique (H. Jonas), une éthique de la prudence. Ils recourent pour ce faire à une interprétation stricte du principe de précaution visant à s’abstenir de toute action présentant le risque le plus minime d’enclencher des événements fatals pour l’intégrité des écosystèmes. |
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