L’apport des données médiévales à l’analyse du système d’alliance européen

Dans l’Occident médiéval, le système d’alliance se caractérise par des prohibitions matrimoniales étendues dans la consanguinité et l’affinité directe ; en revanche, on constate l’absence de prohibitions dans l’affinité élargie, qui limiteraient les renchaînements d’alliance. Ce dispositif se distin...

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/acrh,
Päätekijä: Guerreau-Jalabert, Anita
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: L’Atelier du Centre de recherches historiques 2018
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Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Dans l’Occident médiéval, le système d’alliance se caractérise par des prohibitions matrimoniales étendues dans la consanguinité et l’affinité directe ; en revanche, on constate l’absence de prohibitions dans l’affinité élargie, qui limiteraient les renchaînements d’alliance. Ce dispositif se distingue clairement de celui qui prévaut à Byzance. Au-delà des variations dans les modes de comput, et dans l’énoncé des limites posées aux unions dans la consanguinité et l’affinité directe, le 4e degré canonique (soit le 8e degré romain) constitue la borne à peu près constante de la définition de l’inceste à partir du viiie siècle. Les données disponibles montrent des mariages dans la consanguinité qui respectent tendanciellement les interdits canoniques et, ce que les médiévistes n’avaient guère relevé, une pratique non négligeable des renchaînements d’alliance. Il est malheureusement impossible d’évaluer la part de ces types d’unions dans les échanges matrimoniaux globaux. Ces observations rejoignent néanmoins celles de G. Delille et d’E. Haddad ; elles confirment aussi que seule une approche globale et structurale, tenant compte à la fois des représentations (notamment la théorie augustinienne de la caritas) et des pratiques, peut éclairer des logiques sociales qui nous sont devenues étrangères.