L’écriture comme prisme. Contraintes et créations des scribes médiévaux

Daniel Fabre a rendu indispensable la notion d’« écriture ordinaire ». On considère ici une espèce du genre ordinaire, l’écriture interstitielle des scribes médiévaux. L’activité scribale, en effet, n’est pas un pur rapport de reproduction : le scribe circule dans les spirales du texte. On prend qua...

Descrición completa

Gardado en:
Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/acrh,
Autor Principal: Boureau, Alain
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: L’Atelier du Centre de recherches historiques 2017
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Daniel Fabre a rendu indispensable la notion d’« écriture ordinaire ». On considère ici une espèce du genre ordinaire, l’écriture interstitielle des scribes médiévaux. L’activité scribale, en effet, n’est pas un pur rapport de reproduction : le scribe circule dans les spirales du texte. On prend quatre occurrences du phénomène chez des copistes franciscains du xiiie siècle : dans un cas, une invention de déchiffrement illumine le texte copié. Ailleurs, dans un très long commentaire biblique, on note la substitution d’un bref passage qui semblait nuisible à l’institution du scribe par un extrait d’un autre commentaire. Ou bien le souci philologique d’un autre scribe comble acrobatiquement les vides créés par la faute par homéotéleutes de son modèle. Enfin, on préserve l’ambivalence de l’activité scribale en relevant des lapsus débridés. Ces scribes échappent à l’extra-ordinaire de la création et à la spéculation. Mais l’attrait de l’activité d’écriture est transitif. La prise en main et en esprit des textes relève parfois d’une énergie, d’une inventivité et d’une passion pour les mots et les concepts.