Ut rosa spineti compensans flore rigorem. La Vierge Immaculée comme Nouvelle Ève dans la peinture italienne du xvie siècle
Parmi les différents types iconographiques de l’Immaculée Conception qui se diffusent dans la peinture italienne du xvie siècle, la Vierge Immaculée Nouvelle ève revêt une importance toute particulière. Dans ce genre d’images, l’accent est porté sur le fait que Marie Immaculée doit être considérée c...
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| 出版年: | URI:https://journals.openedition.org/acrh, |
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| 第一著者: | |
| フォーマット: | Article ou chapitre numérique |
| 出版事項: |
L’Atelier du Centre de recherches historiques
2012
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| 主題: | |
| オンライン・アクセス: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 要約: | Parmi les différents types iconographiques de l’Immaculée Conception qui se diffusent dans la peinture italienne du xvie siècle, la Vierge Immaculée Nouvelle ève revêt une importance toute particulière. Dans ce genre d’images, l’accent est porté sur le fait que Marie Immaculée doit être considérée comme la Nouvelle Ève, celle qui s’oppose à la première femme ; elle est sans péché dès l’origine car elle va opérer contre le péché même. C’est seulement en 1518 que l’opposition Marie–ève est adoptée pour la première fois en Italie pour mettre en image le privilège immaculiste de la Vierge : Guillaume de Marcillat peint cette année-là sa Dispute sur l’Immaculée Conception en présence d’ève pour l’église de San Francesco à Arezzo. Toujours à Arezzo ou dans ses environs, Luca Signorelli et Rosso Fiorentino réalisent ensuite également plusieurs représentations de la Vierge Immaculée comme Nouvelle ève. à partir de 1541, l’arétin Giorgio Vasari reprend ce sujet et l’introduit à Florence grâce à son Allégorie de l’Immaculée Conception de l’église de Santi Apostoli. S’il apparaît évident que ce type iconographique si particulier prend naissance à Arezzo, il est difficile d’expliquer pourquoi cette petite ville « de périphérie » en constitue le berceau. La présence en ville du chanoine Giovanni Pollastra en est certainement l’une de raisons : très érudit, Pollastra se prête volontiers à endosser le rôle de conseiller iconographique pour les artistes de son temps qui travaillent à Arezzo. C’est certainement lui qui aide Guillaume de Marcillat, Rosso Fiorentino et Giorgio Vasari à concevoir leurs Vierges Immaculées Nouvelles èves. Le retable de Vasari peint en 1541 a un succès extraordinaire et devient un modèle incontournable pour toute Immaculée Conception dans la peinture toscane du xvie siècle. Son originalité réside en particulier dans l’action de la Vierge Nouvelle ève qui apparaît dans le Limbe pour libérer les Justes de l’Ancien Testament. En plus de Genèse 3,15 et de l’Apocalypse 12,1, une autre source textuelle se révèle alors cruciale pour le tableau de Vasari : l’évangile de Nicodème. Certains passages de l’évangile, et plus particulièrement de la partie consacrée à la descente du Christ en Enfer, s’appliquent parfaitement à la peinture vasarienne, à la différence près que dans le texte c’est le Christ qui apparaît dans le Limbe des Pères, alors que dans le tableau de Vasari c’est la Vierge. L’artiste applique à Marie précisément l’action de vincula solvere (dénouer les liens) que l’Évangile de Nicodème donne au Seigneur. Par rapport aux types iconographiques qui le précèdent, celui de l’Immaculée Nouvelle ève souligne au début l’idée d’une Vierge active dans la réalisation du salut. L’action de Dieu (de concevoir Marie) laisse la place à l’action de la Vierge même (de racheter le péché), au point que Dieu le Père disparaît totalement des images. Si, chez Rosso, la Vierge enlève la pomme de la bouche d’Adam, chez Vasari, elle apparaît directement dans le Limbe, non pas avec, mais en remplacement du Christ. On assiste donc à une hyper-puissance immaculiste à l’image qui doit probablement soulever quelques réserves. Assez rapidement, la plupart des artistes qui s’inspirent de la composition vasarienne abolissent les références au Limbe et refocalisent l’attention sur le rôle redempteur du Christ. L’originalité et l’audace de Vasari n’ont pas d’égal : il a en effet permis à la Vierge Immaculée seule de sauver l’humanité déchue. |
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