Dévotions et représentations de l’Immaculée Conception dans les cours royales et princières du Nord de l’Europe (1380-1420)

Si la question du débat théologique autour de l’Immaculée Conception est bien connue en France au xve siècle, force est de constater qu’il n’en est pas de même des pratiques dévotionnelles des laïcs à l’œuvre en faveur de la fête de la conception. Pourtant, à partir de Charles V, plusieurs éléments...

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Sábháilte in:
Sonraí bibleagrafaíochta
Foilsithe in:URI:https://journals.openedition.org/acrh,
Príomhchruthaitheoirí: Fournié, Eléonore, Lepape, Séverine
Formáid: Article ou chapitre numérique
Teanga:Français
Foilsithe / Cruthaithe: L’Atelier du Centre de recherches historiques 2012
Ábhair:
Rochtain ar líne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Cur síos
Achoimre:Si la question du débat théologique autour de l’Immaculée Conception est bien connue en France au xve siècle, force est de constater qu’il n’en est pas de même des pratiques dévotionnelles des laïcs à l’œuvre en faveur de la fête de la conception. Pourtant, à partir de Charles V, plusieurs éléments indiquent que les rois de France et leur entourage s’intéressent à la nouvelle croyance. Le prêche virulent du dominicain Jean de Monzon contre les partisans de la conception immaculée de la Vierge à l’Université de Paris en 1387 pousse le roi Charles VI à renvoyer son confesseur jacobin et de n’en plus choisir parmi l’ordre des Prêcheurs. Des théologiens champions de la défense de l’Immaculée Conception de la Vierge, comme Michel de Creney, Pierre d’Ailly ou Jean Gerson, clercs séculiers et formés au Collège de Navarre développent leur influence à la cour de France au début du XVe siècle. Si le contexte semble au sein de la cour royale être favorable à cette nouvelle croyance encore vivement contestée, peut-on en conclure que les artistes au service du roi et de ses proches élaborent une figuration de la conception immaculée de la Vierge ? Quelques éléments semblent l’indiquer. Un nouveau cycle autour de l’Enfance de la Vierge apparaît dans les livres d’heures manuscrits commandés par les grands laïcs de cette époque, représentant l’épisode de la Rencontre à la Porte Dorée mise en relation avec l’Annonciation mariale. La Vierge figurée sous les traits de la Femme de l’Apocalypse gagne également en importance tant dans les peintures des livres que dans les tableaux de dévotion réalisés pour Jean de Berry ou Louis d’Orléans. Ces nouveaux thèmes semblent indiquer, plus par leur mise en rapport avec ce contexte favorable que par leur contenu sémantique intrinsèque, que les artistes sollicités par le roi ou les princes des fleurs de lys se mirent à développer entre 1380 et 1430 des images de l’Immaculée Conception.