La sanctification in utero de Joseph : une proposition gersonienne

à partir de 1413, Jean Gerson se lance dans une véritable campagne de promotion en faveur de Joseph, l’époux de Marie, à un moment où celui-ci est très rarement considéré comme un saint, et intéresse peu les théologiens et les prédicateurs, à l’exception de quelques franciscains. Or, parmi les privi...

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Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/acrh,
Glavni avtor: Payan, Paul
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: L’Atelier du Centre de recherches historiques 2012
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Opis
Izvleček:à partir de 1413, Jean Gerson se lance dans une véritable campagne de promotion en faveur de Joseph, l’époux de Marie, à un moment où celui-ci est très rarement considéré comme un saint, et intéresse peu les théologiens et les prédicateurs, à l’exception de quelques franciscains. Or, parmi les privilèges et les vertus que le chancelier attribue à Joseph, on est surpris de rencontrer l’idée d’une sanctification in utero, qui rappelle l’immaculée conception de Marie, pour laquelle Gerson s’était battu aux côtés de son maître Pierre d’Ailly. Cette affirmation se fait cependant avec prudence, sous la forme d’une idée à laquelle on peut « croire pieusement ». à l’occasion d’un sermon prononcé au concile de Constance, Gerson précise sa pensée en distinguant la Vierge, totalement préservée du péché originel, de Joseph sanctifié dans le sein de sa mère. La logique est celle d’une comparaison avec Jean-Baptiste, que l’on considère consacré in utero au moment de la Visitation. Comme Gerson tente d’affirmer la supériorité de Joseph sur le Baptiste, il cherche à lui attribuer une grâce au moins comparable. L’enjeu est la reconnaissance de la sainteté de Joseph, dont la définition est délicate puisqu’il est sans doute mort avant la Passion et qu’il ne peut être reconnu comme un martyr.Même si la formulation gersonienne reste très originale, son idée a sans doute été mûrie au contact d’autres admirateurs de l’époux de la Vierge, tels Pierre d’Ailly ou le célestin Pierre Pocquet. Elle s’appuie également sur des sources liturgiques orientales plus délicates à identifier. Néanmoins, sa proposition ne connaîtra pas un grand succès : reprise par quelques auteurs au cours des xve et xvie siècles, elle est finalement explicitement rejetée lorsque s’affirme le culte de Joseph et que sa sainteté n’est plus contestée.Elle reste le témoignage d’un moment particulier d’audace théologique, sur les frontières encore imprécises de l’immaculée conception, de la sanctification et de la consécration, alors que les désordres du Grand Schisme rendaient plus aigu le besoin d’une pureté inaccessible.