Un vicomte dans la cité : Jean II de Rohan et Dinan (1488-1516)

L’objet de ce travail est de mettre en relation l’un des grands personnages de la Bretagne à la fin du Moyen Âge et une importante ville du duché sur les plans démographique, économique et stratégique. Le vicomte Jean II de Rohan reçoit la capitulation de Dinan lors du conflit franco-breton en 1488...

Popoln opis

Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/abpo,
Glavni avtor: Guitton, Laurent
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest 2009
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:L’objet de ce travail est de mettre en relation l’un des grands personnages de la Bretagne à la fin du Moyen Âge et une importante ville du duché sur les plans démographique, économique et stratégique. Le vicomte Jean II de Rohan reçoit la capitulation de Dinan lors du conflit franco-breton en 1488 et en garde le contrôle jusqu’à sa mort en 1516, avec l’aval des souverains successifs. Cette cité lui offre une opportunité supplémentaire de poursuivre son action politique d’accession de son lignage au trône de Bretagne : pour ce faire, il instaure un mécénat qui tend à se substituer à celui du duc François II. S’il le supplante aisément dans la fondation de l’église paroissiale Saint-Malo de Dinan, il essuie par contre un échec dans sa tentative auprès du couvent des Clarisses. Il est vrai qu’il se heurte en permanence aux interventions répétées de l’héritière du duc, Anne de Bretagne, et de ses époux royaux dans la cité. Pour financer ses dépenses monumentales, Rohan dispose des revenus réguliers du domaine de Dinan, dont il s’assure un contrôle exclusif en plaçant de fidèles agents aux postes clés. Ce véritable réseau clientéliste, composé d’officiers ducaux et de notables locaux, ne se prive pas d’asseoir son pouvoir sur la cité et d’accroître sa fortune. Quant à la population dinannaise, elle a aussi bénéficié de cette mainmise du vicomte de Rohan, à travers un mécénat novateur et une protection renforcée. Néanmoins, progressivement, la figure de Rohan s’estompe de l’histoire de Dinan et de la mémoire des Dinannais pour laisser triompher celle de sa rivale, la duchesse Anne. Mais c’était sans compter sur la volonté du vicomte de laisser une empreinte durable dans la cité, dépassant la stricte échelle spatio-temporelle de Dinan à la fin du Moyen Âge. Grâce à une commande artistique originale, il a été en mesure de concilier son obsession politique et ses inquiétudes eschatologiques : à Saint-Malo de Dinan, il a pu symboliquement associer son lignage au trône ducal et sauver son âme.