Énoncer l’émancipation : Points de vue, plans d’énonciation et ethè discursifs chez Madeleine Bourdouxhe

Cet article développe une analyse rhétorique et énonciative de l’œuvre romanesque de Madeleine Bourdouxhe, plus précisément de Vacances (1935-1936), La femme de Gilles (1937), A la recherche de Marie (1943) et Mantoue est trop loin (1956). Le traitement énonciatif des récits de pensée et des discour...

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Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/aad,
Glavni autor: Franck, Thomas
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Argumentation et analyse du discours 2023
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Opis
Sažetak:Cet article développe une analyse rhétorique et énonciative de l’œuvre romanesque de Madeleine Bourdouxhe, plus précisément de Vacances (1935-1936), La femme de Gilles (1937), A la recherche de Marie (1943) et Mantoue est trop loin (1956). Le traitement énonciatif des récits de pensée et des discours rapportés, la dérision des points de vue des locuteurs seconds par le locuteur-énonciateur premier, l’usage récurrent de subjectivèmes soutenant cynisme et ironie ainsi que les différents ethè produits (ceux des narratrices et des personnages) viennent appuyer la lecture critique d’une œuvre qui ne peut à aucun moment se réduire à du sentimentalisme féminin ou à une esthétique populiste et pittoresque, ce que la critique traditionnelle tend à reproduire comme un lieu commun. L’hypothèse d’une énonciation de l’émancipation s’appuie, dans une logique sociodiscursive, sur les contextes dans lesquels Bourdouxhe produit ses discours, traversés et influencés par les sociabilités personnaliste (elle collabore à la vie de la revue Esprit dès les années 1930) et existentialiste (elle publie dans la revue Les Temps Modernes et côtoie Beauvoir et Sartre dans la deuxième moitié des années 1940). L’analyse de son discours romanesque permet de mettre à l’épreuve l’hypothèse d’une micro-rhétorique des vies individuelles de femmes subalternes, dans l’héritage et le déplacement du geste micro-historique.