Les multilocuteurs
Dans cet article je réfléchis sur la « multilocution », un type de communication orale très courant mais qui est en général ignoré par les analystes du discours : l’être qui produit l’énonciation est un « multilocuteur » constitué des corps d’une pluralité de « colocuteurs ». Elle implique l’existen...
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| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/aad, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Argumentation et analyse du discours
2022
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| Soggetti: | |
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | Dans cet article je réfléchis sur la « multilocution », un type de communication orale très courant mais qui est en général ignoré par les analystes du discours : l’être qui produit l’énonciation est un « multilocuteur » constitué des corps d’une pluralité de « colocuteurs ». Elle implique l’existence d’un texte fixé au préalable et d’une institution qui donne sens à la pratique, mais les colocuteurs, par leur ethos, doivent présenter leur énonciation comme spontanée. Après avoir analysé, dans cette perspective, deux tableaux du peintre David qui représentent des serments collectifs, j’étudie quelques exemples de multilocution empruntés à trois domaines : la politique (les slogans dans les manifestations) la religion (les prières), le sport (le haka des rugbymen néo-zélandais). Deux questions sont ensuite abordées : la relation entre multilocution chantée et multilocution parlée et l’existence de deux régimes de multilocution : celui où les colocuteurs sont censés assumer le contenu de chaque phrase du texte et celui où le texte est assumé dans sa globalité. Les pratiques de multilocution ont beau être très diverses, elles visent toutes à renforcer la cohésion de communautés : le locuteur amplifié qui émerge de la fusion des voix est stabilisé par un corps textuel partagé pour résister aux forces de décomposition qui menacent toute collectivité. |
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