Image de l’auteur et création d’un ethos fictif à l’Âge classique

L’interaction entre narratologie et analyse discursive est indispensable dans la mesure où, dans la perspective historique développée dans cet article, le sujet parlant ne trouve pas les discours tout fait. L’étude discursive de l’image qu’un sujet parlant donne de lui-même, comme malgré lui, en cho...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/aad,
Autore principale: Herman, Jan
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Argumentation et analyse du discours 2009
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:L’interaction entre narratologie et analyse discursive est indispensable dans la mesure où, dans la perspective historique développée dans cet article, le sujet parlant ne trouve pas les discours tout fait. L’étude discursive de l’image qu’un sujet parlant donne de lui-même, comme malgré lui, en choisissant tel ou tel discours, demande à être complémenté d’une démarche inverse qui étudie comment, à l’âge classique, un sujet parlant, avant de se produire sur la scène publique, est appelé à créer une image acceptable de lui-même, à travers des stratégies discursives qui manipulent des formules textuelles qu’il a à sa disposition.  S’il est vrai d’une part, comme l’affirme une prémisse fondamentale de l’analyse discursive, que toute prise de parole est automatiquement entachée d’une image du sujet parlant, il est vrai aussi, d’autre part, que ce sujet parlant est forcé, dans des contextes historiques précis, de « manipuler » activement ce discours en fonction d’une image qu’il a besoin de donner de lui-même au public. Cela est particulièrement vrai pour le discours autobiographique. L’émergence du moi semble, à l’âge classique, inséparable d’un emploi particulier de la fiction. Le « moi » est admis à la scène publique à condition de se présenter comme une fiction. La fictionnalisation du moi est un protocole imposé par la doxa classique à tout sujet parlant qui n’a pas d’autorité suffisante pour se passer de quelques préliminaires.