« Ce n’est pas par pitié… » : l’appel à la pitié, critiques et alternatives

L’appel aux émotions – et, en particulier, l’appel à la pitié – est une stratégie persuasive que l’on peut voir à l’œuvre dans des discussions d’ordre privé, mais aussi, plus massivement, dans la défense de certaines causes, notamment des causes humanitaires. L’appel à la pitié est pourtant parfois...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/aad,
Auteur principal: Doury, Marianne
Format: Article ou chapitre numérique
Publié: Argumentation et analyse du discours 2020
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:L’appel aux émotions – et, en particulier, l’appel à la pitié – est une stratégie persuasive que l’on peut voir à l’œuvre dans des discussions d’ordre privé, mais aussi, plus massivement, dans la défense de certaines causes, notamment des causes humanitaires. L’appel à la pitié est pourtant parfois pointé comme problématique, et lorsqu’il est disqualifié, il devient nécessaire de recourir à des stratégies argumentatives alternatives. Dans cet article, on fait un point rapide sur l’appel à la pitié, envisagé d’abord dans une perspective rhétorique, puis dans une perspective argumentative. On identifie quelques-unes des critiques adressées à l’appel à la pitié. A partir d’un corpus à visée illustrative, rassemblé via des recherches sur Internet à partir du syntagme « pas par pitié » d’une part, de l’examen des campagnes lancées par des organismes à vocation humanitaire d’autre part, on identifie plusieurs stratégies argumentatives alternatives (principalement, l’appel à la solidarité et l’argument de l’intérêt bien compris), dont on montre comment elles cherchent à déjouer les critiques adressées à l’appel à la pitié. On conclut sur le discours de dénonciation de l’« assistanat » que l’on considérera comme celui qui, parmi les discours de critique des rhétoriques visant à justifier une action altruiste, a le mieux « pris » socialement, et qui circule largement dans l’espace public en France.