Un lieu pour les figures dans la théorie de l’argumentation

A partir du traitement des figures dans le Traité de l’Argumentation (TA) de Perelman et Olbrechts-Tyteca, cet article porte sur la question de la place des figures dans la théorie de l’argumentation. La première partie revient brièvement sur différentes formes de rhétorique, dont une rhétorique de...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/aad,
Autor principal: Plantin, Christian
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: Argumentation et analyse du discours 2009
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:A partir du traitement des figures dans le Traité de l’Argumentation (TA) de Perelman et Olbrechts-Tyteca, cet article porte sur la question de la place des figures dans la théorie de l’argumentation. La première partie revient brièvement sur différentes formes de rhétorique, dont une rhétorique de l’ornement ayant pour instrument principal les figures. Une théorie moderne de l’argumentation orientée vers la recherche des fallacies établit une coupure radicale entre argumentation, instrument de recherche de la vérité et rhétorique ornée, que Locke caractérise comme « a powerful instrument of error and deceit ». Cette conception suppose l’usage d’un langage qu’on peut rapidement caractériser comme « artificiel », qui n’est pas celui de l’argumentation ordinaire. Avant d’être des « decorations » les figures sont des « instruments » de structuration de la parole ; et les topoi, instruments de l’argumentation, n’obéissent pas à d’autres mécanismes que les tropes, qui semblent toujours parler à côté et manquer leur objet. La seconde partie s’intéresse à une partie quelque peu délaissée du TA, l’usage qu’il fait des figures et la vision théorique, à la fois cavalière et décisive, qu’il en propose. Le TA ouvre la voie à une conception des figures non pas comme « vain ornement » mais comme une première sémantique du discours argumentatif ; c’est ce qu’on peut montrer sur le cas des « figures du choix, de la présence et de la communion ». En conséquence, la pensée des figures peut et doit être intégrée à une théorie de l’argumentation qui prend en compte le langage dans la parole, avec ses stratégies de construction des objets, du locuteur, de l’interlocuteur et de leurs émotions.