Insulte, disqualification, persuasion et tropes communicationnels : à qui l’insulte profite-t-elle ?

Partant d’une acception très large de l’argumentation, nous nous intéressons ici au lien entre insulte et persuasion afin de repenser la relation persuadeur / persuadé sous l’éclairage de celle d’insulteur / insulté. Cette conception fondamentalement interactionniste place au centre de l’analyse l’o...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/aad,
Auteurs principaux: Vincent, Diane, Bernard Barbeau, Geneviève
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Argumentation et analyse du discours 2012
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Partant d’une acception très large de l’argumentation, nous nous intéressons ici au lien entre insulte et persuasion afin de repenser la relation persuadeur / persuadé sous l’éclairage de celle d’insulteur / insulté. Cette conception fondamentalement interactionniste place au centre de l’analyse l’objet de persuasion et la (possibilité de) satisfaction de l’acte, ainsi que toute la mise en scène, le décor et le public qui assiste à la représentation (pour reprendre la métaphore théâtrale de Goffman), sans négliger la dimension émotive de l’insulte. Insistant sur la dimension argumentative de l’insulte, nous tentons de montrer, à partir d’extraits de sites Internet d’évaluation de professionnels, que toute disqualification devant un tiers a comme visée de le persuader d’adhérer à la thèse implicite de la validité de la qualification péjorative, ce qui se manifeste, sur le plan perlocutoire, de deux manières : persuader de haïr (faire adhérer à la disqualification d’autrui) et persuader d’agir (faire poser une action conséquente avec l’adhésion à la disqualification d’autrui).