Ériger des pierres pour certains défunts en pays gewada (Éthiopie)

Chez les Gewada du sud de l’Éthiopie, le pogolho (chef coutumier) décédé, qui était aussi un hasale (héros), est enterré, au milieu d’un bois d’épineux, dans une tombe en puits. Celle-ci est recouverte d’une plateforme circulaire et signalée par une petite pierre plantée dans le sol. Quelques semain...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/aaa,
Auteurs principaux: Cros, Jean-Paul, Goujon, Anne-Lise, Bekele, Metasebia, Corson, Sophie, Joussaume, Roger
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Afrique : Archéologie et Arts 2020
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Chez les Gewada du sud de l’Éthiopie, le pogolho (chef coutumier) décédé, qui était aussi un hasale (héros), est enterré, au milieu d’un bois d’épineux, dans une tombe en puits. Celle-ci est recouverte d’une plateforme circulaire et signalée par une petite pierre plantée dans le sol. Quelques semaines plus tard a lieu une cérémonie, faite de chants et de danses, qui conduit à dresser une première stèle sur la tombe du défunt, puis une autre sur une aire réservée dans le prolongement de trois autres élevées dans le passé en l’honneur de trois pogolho. C’est à la phase commémorative des funérailles de ce personnage important, ponctuée de différents rituels, que nous avons pu assister. Les observations rapportées dans cet article sont le fait d’archéologues qui avaient là l’opportunité de décrire le contexte et les modalités d’érection de monolithes par l’une des rares populations au monde à poursuivre cette pratique encore de nos jours. Le rôle et l’importance attribués par les Gewada à ces stèles, seules ou alignées, incitent à une grande prudence pour interpréter celles du passé, les menhirs européens en particulier, dont on ignore la raison d’être.