Gramsci en Pasolini : l’art d’aimer de l’autre côté du prisme cinématographique

Pier Paolo Pasolini et Antonio Gramsci, le poète frioulan, le romancier des subalternes, le cinéaste du sacré contre la religion, le polémiste politique du néo-capitalisme et le dirigeant communiste, fondateur du PCI que le régime fasciste condamna à la mort lente dans une prison, l’un des théoricie...

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書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/1895,
第一著者: Crézégut, Anthony
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze 2022
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
その他の書誌記述
要約:Pier Paolo Pasolini et Antonio Gramsci, le poète frioulan, le romancier des subalternes, le cinéaste du sacré contre la religion, le polémiste politique du néo-capitalisme et le dirigeant communiste, fondateur du PCI que le régime fasciste condamna à la mort lente dans une prison, l’un des théoriciens marxistes majeurs du xxe siècle. Ils forment comme une symbiose dans l’imaginaire, avec cette figure iconique de l’auteur des Lettere luterane (Lettres luthériennes) communiant au cimetière protestant de Rome devant la tombe de Gramsci au début des années 1970. Pasolini l’a dit plus d’une fois, la lecture des Lettere dal carcere (Lettres de Prison) en 1947-1948 fut pour lui une révélation. Gramsci devint un modèle christique de notre temps, se confondant avec son propre frère partisan antinazi, Guido. Modèle aussi de l’intellectuel comme « cheville médiatrice des classes », l’« intellectuel organique ». Pourtant l’étude du rapport réel de Pasolini à Gramsci se révèle double, relevant d’une « inquiétante étrangeté », ambivalent : « Je sens quel fut ton tort (...) et en même temps combien tu eus raison ». À la fois une inspiration symbolique profonde, mais aussi un éloignement progressif dans le corso pasolinien qui n’exclut pas les récurrences, résurgences, retour éternel et protéiforme de Gramsci et les ruptures dans le discours pasolinien. Gramsci reste dans la matrice de ce rapport cet « humble frère » le séparant de « nos pères » que Pasolini renie, frère qu’il loue de façon amoureuse non sans identification fusionnelle dans Le ceneri di Gramsci (les Cendres de Gramsci).