Relire Siegfried Kracauer (entre les lignes)

Avec Théorie du film (1960) et l’Histoire : des avant-dernières choses (1966), Siegfried Kracauer élabore une théorie inédite du film et de l’histoire. En les envisageant ensemble, il contribue sans doute à la consolidation de ce que Walter Benjamin désigne comme la nécessaire « armature théorique »...

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/1895,
Päätekijä: Arnoldy, Édouard
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze 2016
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Avec Théorie du film (1960) et l’Histoire : des avant-dernières choses (1966), Siegfried Kracauer élabore une théorie inédite du film et de l’histoire. En les envisageant ensemble, il contribue sans doute à la consolidation de ce que Walter Benjamin désigne comme la nécessaire « armature théorique » de l’histoire, en particulier ici celle des « médias photographiques ». L’idée d’histoire chez Kracauer, des années 1930 jusqu’aux années 1960, est celle dont Walter Benjamin définit les contours dans Sur le concept d’histoire où, prise entre les feux des pensées de Marx et de Nietzsche, sa réflexion le conduit à considérer que la théorie est ce qui fait principalement défaut à l’historicisme. La (re)lecture des écrits de Kracauer invite à porter un regard critique sur l’histoire du cinéma aujourd’hui (hantée par ses démons historicistes quand elle redore le blason du factuel et de l’évolution en histoire ou qu’elle promeut des projets si larges qu’ils ne visent, au fond, qu’une histoire universelle, totale et prétendûment définitive). Parce qu’il sont largement déterminés par des questions d’histoire et d’intermédialité, les écrits de Kracauer offrent des outils propres à l’étude des croisements du cinéma et des « nouveaux médias » (le jeu vidéo, les séries, le web-cinéma, etc.). La lecture kracauérienne des films ne cesse en effet d’interroger leur fidélité au cinéma et leurs affinités avec d’autres pratiques, se focalisant sur les points de tension qui particularisent certains d’entre eux, ces « fissures » qu’il observe dans des films en équilibre instable entre cinéma et théâtre, roman ou peinture, documentaire et expérimental ou fiction.