Réflexions sur les usages des images d’archives de la Grande Guerre dans les documentaires télévisuels actuels

Les premiers documentaires historiques utilisant des plans pris dans des stock-shots apparaissent durant la Première Guerre mondiale. Le procédé du réemploi d’images hétéroclites pour un nouvel assemblage – qu’on appela longtemps « film de montage » et qu’on désigne aujourd’hui des termes de film de...

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Τόπος έκδοσης:URI:https://journals.openedition.org/1895,
Κύριος συγγραφέας: Véray, Laurent
Μορφή: Article ou chapitre numérique
Γλώσσα:Français
Έκδοση: 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze 2014
Διαθέσιμο Online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Περιγραφή
Περίληψη:Les premiers documentaires historiques utilisant des plans pris dans des stock-shots apparaissent durant la Première Guerre mondiale. Le procédé du réemploi d’images hétéroclites pour un nouvel assemblage – qu’on appela longtemps « film de montage » et qu’on désigne aujourd’hui des termes de film de reprise ou de réemploi – se développa par la suite de manière exponentielle, jusqu’à faire l’objet d’un recyclage télévisuel dont on retrouve la trace régulièrement. Le genre connaît même un certain engouement depuis quelques années. Cette abondance ne doit pourtant pas masquer l’essentiel. Bien qu’elles ne soient pas toutes dénuées d’intérêt, la majorité de ces réalisations audiovisuelles se plient, le plus sou­vent, à la logique de « la restitution illustrative totale », qui revient à accumuler des images décontex­tualisées. En fait, le seul changement notable par rapport aux compilations d’archives des décennies précédentes, outre l’évolution du discours historiographique, tient au perfectionnement technologique découlant du numérique et à la recherche tous azimuts du spectaculaire. Le documentaire historique, loin d’avoir retrouvé ses lettres de noblesse, est désormais le reflet d’un système gouverné par la dicta­ture de l’audimat. Cela se traduit notamment par le reformatage des images anciennes, leur colorisation et surtout la perte de leur historicité. Pour en apporter la démonstration, ce point de vue propose l’ana­lyse d’un exemple récent : 14-18 : le bruit et la fureur (2008) de Jean-François Delassus.