Réponse de Jean Renoir à Louis-Ferdinand Destouches dit Céline

En 1938, Renoir répond à Céline dans le quotidien communiste Ce Soir (que dirigeait Aragon) où il tenait une rubrique hebdomadaire. Louis-Ferdinand Céline, en effet, venait de publier l’un de ses bestsellers, Bagatelle pour un massacre (réédité à deux reprises sous l’Occupation, plus réédité depuis...

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/1895,
Päätekijä: Morel, Jean-Paul
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze 2014
Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:En 1938, Renoir répond à Céline dans le quotidien communiste Ce Soir (que dirigeait Aragon) où il tenait une rubrique hebdomadaire. Louis-Ferdinand Céline, en effet, venait de publier l’un de ses bestsellers, Bagatelle pour un massacre (réédité à deux reprises sous l’Occupation, plus réédité depuis lors), long pamphlet qui attribue aux Juifs la responsabilité de la guerre à venir (qui ne profitera qu’à eux) et stigmatise la complaisance à leur endroit dont seraient coupables de serviles « aryens ». Au cours de l’ouvrage, Céline s’en prenait à de nombreuses reprises au cinéma, « toujours si éminemment juif », et en particulier à la Grande Illusion de Renoir car, dans ce film, pour la première fois, le Juif Rosenthal – incarné par Marcel Dalio – est dépeint sous le jour positif d’un « supercapitaliste » aimant le peuple et non plus une victime. « Cette Grande Illusion nous célèbre donc le mariage du simple, fruste, petitement démerde ouvrier aryen, confiant tourlourou devenu monteur, avec le petit Juif, djibouk, milliardaire, visqueux Messie, demain tout naturellement Commissaire du Peuple, prédestiné. Tout ce qu’il faut pour réaliser le Soviet juif-ouvrier… ». L’argumentaire de Céline fera florès auprès de ses admirateurs et imitateurs, à commencer par Rebatet, suivi de Bardèche et Brasillach, mais sera curieusement omis par les nombreux commentateurs d’après-guerre et des années 1970 se demandant « si la Grande Illusion était un film antisémite ».