In the Cut. Des procédures censoriales de quelques films de John Ford

Cet article se propose d’interroger quelques films de John Ford dans leurs rapports vis-à-vis de la censure hollywoodienne à partir de sources de première main et, par-là, de désacraliser les propos du cinéaste sur sa manière de penser les plans et leur montage, ainsi que de mieux comprendre les pro...

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Bibliographische Detailangaben
Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/1895,
1. Verfasser: Cavé, Frédéric
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze 2025
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Cet article se propose d’interroger quelques films de John Ford dans leurs rapports vis-à-vis de la censure hollywoodienne à partir de sources de première main et, par-là, de désacraliser les propos du cinéaste sur sa manière de penser les plans et leur montage, ainsi que de mieux comprendre les processus d’auto-régulation qui épousent sa carrière cinématographique. En examinant les documents de production rédigés par deux instances en charge d’administrer les décisions de la MPPDA en matière de représentation on comprendra ce qu’il en est de la « censure hollywoodienne » – qu’on appellera ici « sensure » (Bernard Noël), afin de qualifier une procédure visant à « la privatisation du sens et non la privation de la parole » : la sensure « vide l’expression pour la rendre inoffensive ». Face aux menaces d’ingérence gouvernementale, de comités étatiques, de spectateurs ou d’autres groupes de pression, Hollywood chercha tout d’abord à influencer des représentants de la société civile. Puis, afin d’élargir sa clientèle, l’industrie du cinéma prit le parti de ne pas froisser les humeurs, croyances et traditions de son public comme de ses partenaires publics (instances religieuses, industrielles, politiques, etc.) en recourant à une technique novatrice de « propagande », le screenwashing, mélange d’omissions calculées et de franchise larvée au détour d’un plan, d’une expression, d’une gestuelle. Au cœur de ce dispositif, John Ford a été contraint de modifier « sa vision du monde » initiale pour céder aux convenances.