Orgueil et démesure, ou la satire swiftienne
Comme cela a récemment été souligné, non seulement la satire est « difficile à conceptualiser de manière précise », mais la notion de « satire anglaise du xviiie siècle » est une chimère critique (Marshall). Nous voudrions cependant suggérer que la distinction entre satire d’inspiration horatienne e...
Wedi'i Gadw mewn:
| Cyhoeddwyd yn: | URI:https://journals.openedition.org/1718, |
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| Prif Awdur: | |
| Fformat: | Article ou chapitre numérique |
| Iaith: | Français |
| Cyhoeddwyd: |
XVII-XVIII
2016
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| Mynediad Ar-lein: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Crynodeb: | Comme cela a récemment été souligné, non seulement la satire est « difficile à conceptualiser de manière précise », mais la notion de « satire anglaise du xviiie siècle » est une chimère critique (Marshall). Nous voudrions cependant suggérer que la distinction entre satire d’inspiration horatienne et satire d’inspiration juvénalienne, qui a, pour partie, trait au rapport bien différent que l’une et l’autre entretiennent avec les notions de mesure, d’excès et de démesure, demeure valide et permet de cerner la spécificité de la satire swiftienne. D’inspiration juvénalienne, cette dernière se caractérise toujours peu ou prou par une dénonciation féroce de la démesure et de l’orgueil des victimes qu’elle prend pour cible. Mais, paradoxalement, cette saeva indignatio se manifeste sous la forme d’une retenue énonciative : Swift résout en effet la dialectique d’identification-différenciation propre à la satire en ayant recours à une stratégie de disjonction énonciative, grâce à laquelle il met en scène, bien davantage qu’il ne dit, la démesure de ses victimes. |
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