Un départ comme tant d’autres

La souffrance au travail n’est en rien une fatalité. C’est un choix. Elle est le fait de capitaines d’industrie convaincus. Leurs techniques managériales véhiculent une description mensongère du travail. Celui-ci n’est plus qu’indicateurs, évaluations, résultats. L’intelligence mobilisée pour faire...

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Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
Glavni avtor: Candebat, François
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2022
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:La souffrance au travail n’est en rien une fatalité. C’est un choix. Elle est le fait de capitaines d’industrie convaincus. Leurs techniques managériales véhiculent une description mensongère du travail. Celui-ci n’est plus qu’indicateurs, évaluations, résultats. L’intelligence mobilisée pour faire face aux résistances et imprévus rencontrés dans la réalisation du travail est occultée. Seule l’atteinte des objectifs est reconnue, mais elle est mystérieusement inatteignable. Construit ainsi, le travail ne peut plus être ce puissant moteur psychique de l’accomplissement de soi. Reste alors, seule, la souffrance… Que faut-il faire ? Défendre ce que l’on imagine être « du bon travail », au risque de s’isoler, ou alors collaborer ? «  Ils ne nous laissent pas vraiment le choix », entendons-nous souvent. Ou «  Ce n’est pas nous les responsables », lorsqu’un collègue flanche. La force de l’idéologie libérale est d’avoir banalisé l’injustice sociale. Nous participons alors à un système qui produit notre propre perte. Il perdure parce que nous y collaborons.Il s’agit d’une véritable aliénation culturelle. C’est ce que nous disent les travaux en psychodynamique du travail. Le puissant texte de La Boétie ou ceux d’Hannah Arendt viennent éclairer, avec acuité, cette nouvelle servitude volontaire. Face à cette aliénation, il est, pour nous, urgent d’y opposer nos imaginaires. Ce texte y invite, à sa manière.