Quand les valeurs ne suffisent plus : pour une éthique des vertus en travail social
Cet article interroge l’inflation contemporaine du discours éthique dans le travail social et sa coexistence paradoxale avec une technicisation croissante des pratiques. L’hypothèse défendue est que cette prolifération de valeurs proclamées masque une démission intellectuelle collective : les profes...
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| المؤلف الرئيسي: | |
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| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
2026
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| الموضوعات: | |
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | Cet article interroge l’inflation contemporaine du discours éthique
dans le travail social et sa coexistence paradoxale avec une technicisation
croissante des pratiques. L’hypothèse défendue est que cette prolifération
de valeurs proclamées masque une démission intellectuelle collective :
les professionnels ont renoncé à penser rigoureusement les principes qui
orientent effectivement leur action, laissant les dispositifs gestionnaires
combler ce vide. À rebours d’une lecture qui opposerait mécaniquement
« valeurs humanistes » et « contraintes organisationnelles », l’article
soutient que la protocolisation répond à une demande tacite d’être dispensé
de l’exigence de pensée. S’appuyant sur les traditions philosophiques aristotélicienne (ergon, vertu) et phénoménologique (ethos comme habitation),
l’auteur propose de passer d’une éthique déclarative des valeurs à une
éthique des vertus, comprise comme culture de l’excellence dans l’exercice
de sa fonction. Cette perspective déplace la question éthique : il ne s’agit
plus d’afficher des principes abstraits, mais de penser l’action depuis l’intérieur de la pratique, en formulant les principes opérants qui permettent
d’habiter véritablement sa place professionnelle. L’article examine les
conditions organisationnelles et intellectuelles d’une telle réhabilitation
de la pensée incarnée, tout en mettant en garde contre la tentation de faire
des « espaces de réflexivité » de nouveaux refuges dispensant de lucidité.
La thèse centrale est que sans exigence de pensée au cœur de l’action, toute
réforme organisationnelle demeure vaine. |
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