Le mur invisible
La ruine, archéologique ou guerrière, c’est le bâti qui a perdu sa capacité à accueillir un usage, aujourd’hui on dirait un programme. Mais plutôt que cette vision utilitariste, nous proposons de regarder en quoi la ruine est plutôt la perte ou l’effacement de la limite, ou – plus beau encore – le f...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2026
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | La ruine, archéologique ou guerrière, c’est le bâti qui a perdu sa capacité à accueillir un usage,
aujourd’hui on dirait un programme. Mais plutôt que cette vision utilitariste, nous proposons de
regarder en quoi la ruine est plutôt la perte ou l’effacement de la limite, ou – plus beau encore –
le floutage de la limite. Tout le monde peut le mesurer en visitant Pompéi, Délos ou une ruine
contemporaine, les paysages de pierre sont faits de murs et de toits lacunaires qui n’assurent plus
complétement la définition de ce qui est intérieur. Les limites morcelées sont troublantes, elles
nous font comprendre, par l’absence, en quoi la limite est rassurante, dans quelle mesure elle nous
permet de distinguer les hommes, de nous arracher aux dangers du monde.
Mais ces ruines ne sont finalement qu’une version évidente, trop facilement compréhensible, de
ce que signifie la perte de la limite. Historiens de l’art, poètes et reporters en ont exploré toutes
les représentations. Plus intéressant est de mesurer combien l’étrangeté de la ruine en tant que
perte de limite a pu inspirer la littérature contemporaine, et comment une partie de notre environnement bâti hérite de cet imaginaire de l’effacement pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à la
disparition parfois complète de l’architecture. |
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