Ce qui nous meut

L’architecture occidentale voit le jour en tant qu’extériorité, avec la colonnade hellénique sous fronton décorant le ciel, tandis que l’intérieur était un espace aveugle, sombre et sans vie. C’est dans les siècles suivants, puis sous l’Empire romain qu’il s’est agi de conquérir l’intérieur, de mett...

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Detalles Bibliográficos
Autor Principal: Basbous, Karim
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2026
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:L’architecture occidentale voit le jour en tant qu’extériorité, avec la colonnade hellénique sous fronton décorant le ciel, tandis que l’intérieur était un espace aveugle, sombre et sans vie. C’est dans les siècles suivants, puis sous l’Empire romain qu’il s’est agi de conquérir l’intérieur, de mettre en lumière – aux sens littéral et figuré – l’espace entre les murs. Franchir l’enceinte nous a fait entrer dans la civilisation des intérieurs, qui nous définit encore, mais sans que les murs au-dehors aient perdu leur prestige. Ce qui a motivé les bâtisseurs grecs et romains n’est pas un objet d’histoire, mais une manifestation d’intelligence par laquelle l’architecture est parvenue à s’établir et à durer en tant qu’ordonnateur, aux sens à la fois politique et esthétique. Il y a là de quoi retracer l’étiologie du malaise contemporain, depuis que les figures architecturales ont perdu leur poids. De l’Antiquité à nos jours, la filiation qui transparaît permet de comprendre ce qui fait la grandeur d’un plan et celle d’une façade, et ce quels que soient les styles et les techniques. Je m’appuierai sur une sélection d’exemples afin de déceler, dans le génie propre à chacune des vues géométrales et dans leur singulière entente, les signes d’une pensée qui assigne au projet architectural le but le plus noble : faire des programmes pratique et symbolique le marchepied d’un art souverain ayant pour objet d’embellir nos faits et gestes.