La cité miroir

De toutes les villes qui ont réussi à faire une place à leur nom dans les représentations les plus médiatisées de la mondialisation en cours, celle de l’après-guerre froide, Abou Dabi donne à lire l’un des récits les plus inattendus. À rebours de l’association déjà ancienne des principautés du golfe...

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Библиографические подробности
Главный автор: Kazerouni, Alexandre
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: 2022
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Описание
Итог:De toutes les villes qui ont réussi à faire une place à leur nom dans les représentations les plus médiatisées de la mondialisation en cours, celle de l’après-guerre froide, Abou Dabi donne à lire l’un des récits les plus inattendus. À rebours de l’association déjà ancienne des principautés du golfe Persique au pétrole et aux guerres qu’il attise, les fameuses « guerres du Golfe », la capitale des Émirats arabes unis s’est parée de l’un des symboles culturels les plus universels du libéralisme : imaginé vers 2004 au sein de la famille régnante, le projet d’un musée nommé Louvre à Abou Dabi a finalement vu le jour en novembre 2017. Or loin de participer à une libéralisation politique, la sociologie du projet révèle qu’il a contribué à une concentration du pouvoir par exclusion de la classe moyenne locale de sa mise en œuvre (Kazerouni, Le Miroir des cheikhs, 2017). L’objet de cet article est d’analyser la dimension urbaine du phénomène, en quittant les acteurs du projet pour s’aventurer en ville, dans les paysages que structure le Louvre Abou Dabi, en passant par son enveloppe architecturale. Ce chemin ne mène étrangement pas à la ville moderne de la capitale des Émirats arabes unis, développée au xxe siècle sur l’île éponyme, mais vers une cité miroir qui s’étend jusqu’à Londres, New York et Paris.