Les cicatrices de la ville
En dix-huit mois, le Liban a été confronté à une série d’événements dramatiques. L’aggravation de la crise économique systémique a fait passer le PIB du pays de 55 milliards de dollars en 2018 à 33 milliards en 2020. L’épidémie de Covid-19 et les terribles explosions au port de Beyrouth en août 2020...
Sparad:
| Huvudupphovsmän: | , |
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| Materialtyp: | Article ou chapitre numérique |
| Språk: | Français |
| Publicerad: |
2022
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| Länkar: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sammanfattning: | En dix-huit mois, le Liban a été confronté à une série d’événements dramatiques. L’aggravation
de la crise économique systémique a fait passer le PIB du pays de 55 milliards de dollars en
2018 à 33 milliards en 2020. L’épidémie de Covid-19 et les terribles explosions au port de
Beyrouth en août 2020 ont fait des centaines de victimes et des milliers de blessés, et ont causé
des dégâts matériels, qui concernent essentiellement les logements et le patrimoine culturel,
estimés à 4 milliards de dollars. De larges zones du front de mer, ainsi que des bâtiments
historiques, des hôpitaux, des infrastructures, des entrepôts et le silo à grain principal, ont
été sérieusement endommagés. Aujourd’hui, dans le centre-ville, les traces des dégâts causés
par ces explosions côtoient d’autres ruines, qui remontent à la guerre civile de 1975-1990, et
qui sont tout aussi chargées de connotations politiques et culturelles. À quelques kilomètres
du port, en effet, se dresse ce qu’on appelle l’Œuf, une coquille de béton dégradée située à
proximité de la place des Martyrs. Conçu en 1965 par l’architecte libanais Joseph Philippe
Karam, l’Œuf fait figure de paradigme des problèmes actuels de Beyrouth, mais aussi de ses
enjeux et de ses exceptionnelles possibilités. Sa situation nous renseigne sur les relations complexes entre architecture, politique et espace public. Le texte souligne la pertinence de l’Œuf
en tant que caisse de résonance de questions plus larges, et décrit son appropriation en tant
qu’acte politique. Le choix de l’Œuf comme lieu idéal de débat a cristallisé l’essor de modèles
alternatifs de participation, et en même temps a témoigné de la capacité latente de l’architecture à fournir un cadre à l’action. L’Œuf est un amplificateur : ses intérieurs absorbent et
réverbèrent l’expression de nouvelles exigences, spatiales et politiques. |
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