Le crédit de la parole
« On lie les bœufs par les cornes et les hommes par les paroles. » Ce vieil adage juridique s’applique à la cité qui, à la différence de la ville, ne désigne pas un regroupement de population sur un territoire donné, mais l’association de citoyens sous l’égide d’une loi commune. Cette citoyenneté pe...
Enregistré dans:
| Auteur principal: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2022
|
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | « On lie les bœufs par les cornes et les hommes par les paroles. » Ce vieil adage juridique
s’applique à la cité qui, à la différence de la ville, ne désigne pas un regroupement de population sur un territoire donné, mais l’association de citoyens sous l’égide d’une loi commune.
Cette citoyenneté peut s’exercer à des échelles variées – depuis la commune jusqu’au monde
entier, mais repose toujours sur divers types d’« assemblées de paroles », qui servent à accorder
les citoyens sur une juste représentation de ce qui est et de ce qui doit être. Encore faut-il,
pour que ces paroles cimentent la cité, qu’on puisse leur accorder crédit. Or de multiples
symptômes témoignent de nos jours d’une perte de crédit de la parole, qu’elle soit politique,
commerciale ou scientifique. Pour saisir les causes profondes d’un tel discrédit, et des violences qui en résultent, on partira des conditions institutionnelles qui permettent d’échanger
des paroles plutôt que des coups. Sur cette base il devient possible d’esquisser les voies d’une
restauration du crédit de la parole dans la cité du xxie siècle. |
|---|