De la négativité en architecture
Chaque fois que l’architecture se veut indéterminée, alternative ou marginale, le néolibéralisme trouve les moyens d’en tirer profit. Chaque fois que l’architecture se définit par une volonté de dépendance écologique, économique ou sociale, elle court le risque de disparaître sous le poids des force...
Kaydedildi:
| Yazar: | |
|---|---|
| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
2021
|
| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | Chaque fois que l’architecture se veut indéterminée, alternative ou marginale, le néolibéralisme trouve les moyens d’en tirer profit. Chaque fois que l’architecture se définit par une
volonté de dépendance écologique, économique ou sociale, elle court le risque de disparaître
sous le poids des forces qui la conditionnent depuis l’extérieur. À l’inverse, si elle prétend
à l’autonomie fondamentale de sa discipline, sur la base d’une culture spatiale et architectonique, alors l’architecture se retrouve devant l’écueil inverse : celui de s’enfermer dans
un cénacle sans grande audience, dépassée par les forces économiques qui n’ont que peu à
craindre de cette illusion d’autonomie. L’architecture, comme mode de pensée et de narration du monde, n’a-t-elle pas de nouveau besoin de la négativité critique, pour éviter d’être
dépassée ou de disparaître ? À travers un court récit de la négativité en architecture avec les
figures d’Adolf Loos, Aldo Rossi et Andrea Branzi, cet article se propose d’éclairer les multiples enjeux du passage de la modernité à la condition postmoderne, en distinguant trois
aspects de la négativité : existentielle, esthétique et politique. En passant de l’ambivalence
à la radicalité, puis de la radicalité à la neutralité, nous verrons que la négativité a perdu de
sa puissance critique. C’est pourquoi nous proposerons de revenir à l’ambivalence, au beau
ambigu et à l’autonomie négative comme mode d’existence. Celui d’un Bartleby : « I would
prefer not to ». Entre cruauté des formes et révolte des foules, entre monuments hors du
temps et événements éphémères, entre autonomie de la théorie architecturale et hétéronomie de ses modes de production, la négativité consistera à constituer des forces antagonistes
parmi lesquelles le sujet peut se tendre et se déplacer. |
|---|