« Architectura est scientia… »

L’architecture vitruvienne ne saurait se réduire à la collection de ses formes aisément reconnaissables ni à son répertoire ornemental rigoureusement codé. L’architecture vitruvienne est d’abord une méthode d’édification ou, plus précisément, de surédification du monde. Mieux encore, elle en est la...

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Auteur principal: Caye, Pierre
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2021
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:L’architecture vitruvienne ne saurait se réduire à la collection de ses formes aisément reconnaissables ni à son répertoire ornemental rigoureusement codé. L’architecture vitruvienne est d’abord une méthode d’édification ou, plus précisément, de surédification du monde. Mieux encore, elle en est la « science » comme l’affirme fièrement la théorie architecturale de la Renaissance : une science encyclopédique qui mobilise l’ensemble des savoirs pour asseoir sa maîtrise sur le chantier artisanal et empirique, et davantage une science architectonique qui soumet à sa méthode de conception et de réalisation un large éventail de produits et d’ouvrages qui dépasse largement ce que nous nommons aujourd’hui « l’architecture ». Cette situation épistémologique explique la domination symbolique de l’architecture vitruvienne sur le monde pratique à l’âge humaniste et classique. Mais les prérogatives scientifiques de l’architecte humaniste sont aujourd’hui passées dans les mains des ingénieurs et des bureaux d’études selon une tout autre signification des savoirs et de leur rapport à la construction du monde. L’architecture contemporaine reste néanmoins un savoir privilégié, plus souverain encore que la science des Anciens, un savoir transcendantal, l’intelligence du temps et de l’espace, dont dépend l’ensemble de la praxis humaine.