L’espace du dehors

« Certains se font une idée si vague de la poésie qu’ils prennent ce vague pour la poésie elle-même. » Ce mot de Valéry s’applique aussi bien à la ville qu’à la poésie, et le vocabulaire de l’architecture et de l’urbanisme est riche de mots d’autant plus utilisés que leur sens est plus vague, comme...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: Gahinet, Olivier
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2019
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:« Certains se font une idée si vague de la poésie qu’ils prennent ce vague pour la poésie elle-même. » Ce mot de Valéry s’applique aussi bien à la ville qu’à la poésie, et le vocabulaire de l’architecture et de l’urbanisme est riche de mots d’autant plus utilisés que leur sens est plus vague, comme « paysage » ou « métropole » ; il en va de même pour l’espace public. On sait ce qu’il n’est pas : il ne s’identifie ni avec le « domaine public » du cadastre, ni avec la « voie publique » des policiers, des prostituées et des ivrognes. Quant à dire ce qu’il est, c’est plus délicat. Il paraît attaché à l’idée qu’on se fait de la ville européenne dont il serait une composante positive, fragile et menacée. On l’associe, me semble-t-il, à un espace urbain particulier : celui de la « ville de pierre », ce qui pourrait laisser croire que les autres villes en sont dépourvues. En s’intéressant aussi bien au siècle d’or hollandais qu’à Paris, on verra que cet espace public « européen » est la déclinaison singulière d’un espace public entendu dans un sens plus vaste, un « espace impalpable » qui permet de rendre compte de la qualité urbaine de villes aussi différentes que Tokyo, Los Angeles ou São Paulo.