Un tas d’ordures assemblées au hasard : le plus bel ordre du monde
Le beau et le laid ne spécifient pas deux régimes contradictoires propres à la forme des choses ou des êtres, mais sans doute deux régimes de notre sensibilité en présence de l’apparition de ces formes. Pour ne pas sombrer dans le double écueil d’une distribution normative des valeurs ou d’un relati...
Tallennettuna:
| Päätekijä: | |
|---|---|
| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
2017
|
| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | Le beau et le laid ne spécifient pas deux régimes contradictoires propres à la forme des
choses ou des êtres, mais sans doute deux régimes de notre sensibilité en présence de
l’apparition de ces formes. Pour ne pas sombrer dans le double écueil d’une distribution
normative des valeurs ou d’un relativisme tantôt sceptique et tantôt savant, pourrait-on revenir à ces territoires confus et contradictoires où la pensée grecque, par exemple,
notamment Héraclite à qui j’emprunte le titre de mon texte, tentait de penser ensemble
la forme et l’informe, le Cosmos et le Chaos. Dès lors, les régimes de sensibilité laisseront
entrevoir les ambivalences pulsionnelles où voisinent l’angoisse et la jouissance, la fascination et l’effroi. Il ne s’agit pas de célébrer de complaisantes confusions mais plutôt de
faire émerger une zone d’indétermination qui donne leur frappe politique aux choix des
formes et à l’usage des mots. C’est à la liberté des gestes et à la joie éprouvée devant les
formes quelles qu’elles soient que l’on peut légitimer un recours au lexique de la beauté et
de la laideur. |
|---|