Nouvelle jeunesse de la ruine
À l’apparition du goût pour la ruine, c’est l’objet antique qui frappe l’imagination. Les tambours des colonnes effondrées ramènent le spectateur plusieurs siècles en arrière. La beauté frissonnante des cadavres de pierre évoque un âge d’or perdu qui sert de modèle. Plus tard, les romantiques entret...
Zapisane w:
| 1. autor: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Język: | Français |
| Wydane: |
2017
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| Dostęp online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Streszczenie: | À l’apparition du goût pour la ruine, c’est l’objet antique qui frappe l’imagination. Les tambours des colonnes effondrées ramènent le spectateur plusieurs siècles en arrière. La beauté
frissonnante des cadavres de pierre évoque un âge d’or perdu qui sert de modèle. Plus tard,
les romantiques entretiennent cette fascination ambivalente pour les monuments éventrés,
moins pour nourrir les utopies que pour jouer avec les limites de la beauté et de la laideur. Si
une grande partie de la littérature contemporaine perpétue cet amour de la ruine apprivoisée,
les industries du jeu vidéo et du cinéma nous saturent d’images de villes détruites dans des
convulsions de fin du monde. La ruine n’est plus un objet inerte, elle se fabrique sous nos
yeux. Elle n’est plus l’engrais pour le monde à venir mais le spectacle sans cesse renouvelé de
notre fin. Dans une complaisance nihiliste d’adolescent attardé, l’image de la ville agonisante
est devenue un produit. On ne fera pas un lien direct entre cet univers visuel et la production
contemporaine. On cherchera plutôt en quoi ce nouvel âge de la ruine nous renseigne sur
notre expérience de la ville postmoderne, en quoi cette vision toujours renouvelée de la fin
de l’histoire confère à des bâtiments d’une laideur commune la beauté étrange d’un freak. |
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