Maintien et reconversion des noblesses ottomanes aux débuts de la République turque

RésuméSi la guerre mondiale a eu des conséquences politiques remarquables en ce qu’elle a entraîné la disparition de l’Empire ottoman et l’institution de la première république en Méditerranée orientale en 1923, elle n’a pas produit les effets sociaux prêtés par l’historiographie républicaine turque...

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Auteur principal: Bouquet, Olivier
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2008
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Résumé:RésuméSi la guerre mondiale a eu des conséquences politiques remarquables en ce qu’elle a entraîné la disparition de l’Empire ottoman et l’institution de la première république en Méditerranée orientale en 1923, elle n’a pas produit les effets sociaux prêtés par l’historiographie républicaine turque, à savoir l’institution radicale d’une société méritocratique sur les ruines d’une structure sociale d’ancien régime. L’apparition de nouvelles activités au sein de l’État avaient favorisé à la fin de l’Empire la reconversion des bureaucrates, en sorte que lorsque la république fut instituée, la réputation de certains fils de dignitaires comme juristes, universitaires ou gestionnaires surpassait largement la perception qu’ils donnaient d’eux en tant qu’hommes d’ancien régime : ils trouvèrent aisément leur place dans un nouveau régime qui valorisait leur compétence plus qu’il ne s’embarrassait de leur origine, au point que certains d’entre eux devinrent ensuite députés de circonscriptions dans des régions que leurs ancêtres avaient tenues sous leur coupe à l’époque ottomane. Bref, si la Turquie républicaine proclamait la rupture la plus complète avec l’ancien régime dans la poursuite des objectifs affichés par le nationalisme kémaliste, elle trouvait dans le maintien et la valorisation des anciennes noblesses impériales le moyen de renforcer les cadres de l’État et d’asseoir sa légitimité.